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23 octobre 2020

Saga des examens : le gouvernement est au courant et les médias en parlent

Nous avons maintenant l’assurance que le gouvernement du Québec est au fait de la saga des examens de certification. Si le ministre a semblé fermer la porte à nos demandes dans le reportage Prêts à aider, des médecins résidents demandent la suspension d'un examen, diffusé au TVA Nouvelles le 27 octobre 2020, dans les faits, il ne pouvait pas dire autre chose. Dans ce reportage, vous entendrez notamment notre président, le Dr Olivier Fortin, de même que le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

D'autres médias ont couvert la saga des examens de certification

Lisez l'article Des examens reportés empêchent des milliers de médecins de compléter leurs résidences, publié sur Radio-Canada.ca, le 28 octobre 2020.

Regardez le reportage Médecins résidents : suspension d'examen réclamée, diffusé au NVL Noovo, le 28 octobre 2020.

Regardez le reportage Des examens reportés empêchent des milliers de médecins de compléter leurs résidences, diffusé au Téléjournal Québec, le 28 octobre 2020.

Nous poursuivons nos représentations. 


Le point sur la saga des examens

Vous trouverez ci-dessous le courriel que nous avons fait parvenir à nos membres le 23 octobre 2020 :

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Nous avons appris en même temps que vous l’annonce de l’annulation, à deux jours d’avis, de l’EACMC partie 2 par le Conseil médical du Canada (CMC). Cette décision est la goutte qui fait déborder le vase. D’abord, il y a eu les ratés de l’EACMC partie 1. Puis, les reports de tous les examens du printemps et les annulations des centres d’examen au cours des dernières semaines. Finalement, le refus du CMC de prendre la responsabilité des échecs répétés à tous les niveaux. Tous ces manquements font ressortir une question fondamentale, celle des exigences du Collège des médecins du Québec (CMQ) pour pratiquer la médecine.

Une réforme sur la gouvernance passée en douce

De plus, au moment où tout le monde avait l’attention braquée sur les examens de certification du CMC, surtout l’EACMC partie 2, nous avons appris avec stupéfaction que le CMC avait trouvé le temps de réformer sa structure de gouvernance, présentée lors de son assemblée annuelle le 4 octobre dernier. Cette réforme ne prévoit rien de moins que le retrait complet, sur le conseil d’administration, des postes réservés aux groupes d’apprenant·e·s (étudiant·e·s et médecins résident·e·s). Bien que nous ayons eu vent précédemment de changements à venir quant à la structure du conseil du CMC, l’étendue des modifications a surpris tout le monde. Une mise à jour publiée par le CMC le 19 octobre nous indiquait que les représentant·e·s des apprenant·e·s seraient relégué·e·s à une structure consultative parallèle, le « Forum consultatif ». Tout ceci arrive au moment où de plus en plus de groupes remettent fortement en question la gestion des examens de certification par le CMC et, surtout, la pertinence même de l’exigence de réussite de l’EACMC partie 2 afin d’obtenir un permis de pratique de la médecine.

Il est tout de même surprenant qu’une telle organisation pancanadienne essentiellement financée par les apprenant·e·s pour « subir » leurs examens se permette d’écarter ces mêmes apprenant·e·s des structures décisionnelles. Il y a là quelque chose de doublement insultant dans le contexte actuel d’une gestion complètement erratique des examens par le CMC.

Soulignons que le Collège royal (CRMCC) et le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) ont parfois la même tendance de tenter de diminuer l’influence des groupes d’apprenant·e·s au sein de leurs structures, ce que nous n’accepterons jamais.

La responsabilité de ce gâchis incombe aussi au CMQ

Pour les examens de certification, la responsabilité de trouver des solutions à l’actuel gâchis devrait aussi échoir aux ordres professionnels qui exigent la réussite de ces examens afin d’obtenir le droit de pratiquer la médecine. En effet, la décision d’imposer la réussite de l’EACMC partie 1, de l’EACMC partie 2 et des examens du CMFC en médecine familiale, ou du CRMCC dans les autres spécialités, émane et relève du CMQ au Québec. C’est donc dire que pour les examens, le CRMCC, le CMFC et le CMC les gèrent pour le compte du CMQ.

La FMRQ ne remet bien sûr aucunement en question le rôle primordial du CMQ de protéger le public et d’exiger l’atteinte de standards d’excellence, indépendamment des évaluations universitaires, pour devenir médecin. C’est le rôle de tout ordre professionnel au Québec, mais cela vient aussi avec la responsabilité de s’assurer du bon fonctionnement des processus de vérification de l’atteinte des standards, et ce, même si la gestion de ces processus a été déléguée à des tiers.

Nous pouvons maintenant constater les conséquences de la décision du CMQ, prise voilà maintenant une quinzaine d’années, de déléguer la gestion des examens de certification à des groupes pancanadiens. L’intérêt d’alors était d’éviter aux candidat·e·s du Québec souhaitant pratiquer à l’extérieur du Québec de passer à la fois l’ancien examen québécois et l’examen canadien. Mais l’effet pervers est maintenant que le Québec a perdu cette expertise. Au fil du temps, le CMQ est ainsi devenu davantage un observateur qu’un acteur sur la question. Mais cela doit changer devant le triste spectacle de la saga des examens dont la relève médicale fait présentement les frais.

Dans le dossier du CMC, nous ne nous contenterons pas de plates excuses envoyées par une firme américaine sous-traitante, que ce soit Prometric ou une autre. C’est beaucoup trop facile de jeter le blâme sur une entreprise informatique qui n’a rien à voir avec la prise de décision, à deux jours d’avis, de fermer des centres d’examens, une chose qui était pourtant prévisible. Ce serait également trop facile pour le CMQ de jeter le blâme sur les organismes pancanadiens qui gèrent des examens à sa place.

Au printemps dernier, lorsque nous nous sommes collectivement retrouvés avec des finissant·e·s dans l’impossibilité de subir leur examen de certification, le MSSS, la FMRQ et nos facultés ont cherché des solutions avec le CMQ. C’est ainsi qu’une solution temporaire a été mise en place par la création d’un nouveau permis d’exercice donnant un délai d’un an pour réussir les examens reportés. Cette mesure est toujours en place. Toutefois, la pandémie perdure et les délais s’allongent aussi entre la fin des études postdoctorales et le moment où nos anciens membres, devenu·e·s médecins en exercice, devront se soumettre à des examens théoriques. Ceci implique de multiples enjeux pour ces personnes, dont énormément de stress et d’anxiété, mais aussi des enjeux pour les patient·e·s sous leurs soins, chaque fois qu’ils ou elles doivent s’absenter pour étudier ou passer un examen.

Une réflexion à faire sur les exigences de certification en médecine

Un examen de certification sous la responsabilité du CMQ doit demeurer pour chaque candidat·e à la pratique de la médecine. Toutefois, des questions importantes se posent quand les futurs médecins doivent se soumettre à un nombre sans cesse croissant d’examens. Surtout lorsque ceux-ci sont gérés par des organisations qui semblent se financer essentiellement par le coût défrayé par nos membres et utiliser les sommes recueillies à bien d’autres fins.

D’ailleurs, la FMRQ a abordé à maintes reprises la question de la pertinence de l’EACMC partie 2 avec le CMQ, qui nous a toujours opposé des arguments plutôt discutables et non convaincants.

Si certains pouvaient croire que l’actuelle pandémie n’est pas un moment propice pour parler de réforme des exigences pour pratiquer la médecine, nous croyons au contraire que l’actuel contexte fait plutôt ressortir des enjeux qui inquiètent la FMRQ – et plusieurs de ses membres – depuis déjà longtemps. De toute façon, la pandémie oblige à trouver des solutions aux problèmes de gestion des examens. En effet, nous ne pouvons pas nous retrouver à manquer de médecins dans quelques mois parce que des groupes pancanadiens sont incapables de faire passer des examens de certification dans des délais raisonnables. Ensemble, nous devons trouver des solutions rapidement.

Le gouvernement du Québec doit s’intéresser à la question

La FMRQ réclame donc que le gouvernement du Québec fasse en sorte que les acteurs concernés puissent trouver rapidement des solutions pour ne pas freiner l’entrée en pratique de la relève médicale dans le contexte actuel de pandémie et pour le futur.

Nous devons aussi trouver des solutions pour ces jeunes médecins en exercice et nos membres en médecine de famille qui se retrouvent avec des examens qui ont été annulés ou perdus par le CMFC, et d’autres qui se retrouvent à ne pas pouvoir faire les examens du CMC pour une deuxième fois. À cet égard, nous demandons l’annulation temporaire des exigences quant aux examens de certification qui n’ont pas pu être complétés ce printemps et cet automne, afin d’éviter que de jeunes médecins doivent passer un examen alors qu’ils et elles seront bientôt en pratique depuis près d’une année avec, de surcroit, la menace de se faire retirer leurs permis de pratique à la suite d’un échec, ce qui serait tout à fait inacceptable.

Ensuite, il faut aussi poursuivre une réflexion de fond sur l’étendue et la pertinence de toutes ces exigences professionnelles. C’est maintenant qu’il faut en discuter.

La FMRQ