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Montréal, le vendredi 24 avril 2026 – La Fédération des médecins résident·e·s du Québec déplore la baisse du nombre de médecins résident·e·s qui entreront en formation le 1er juillet prochain, une baisse attribuable à la dévalorisation de la profession par le gouvernement du Québec l’an dernier.
Selon les données finales du jumelage pancanadien en résidence pour 2026-2027, 46 nouveaux médecins résident·e·s en moins entameront leur formation postdoctorale au Québec en juillet prochain, soit une baisse de 943 à 897, et ce, malgré un nombre plus important de finissant·e·s en médecine. « Un tel résultat est en nette rupture avec les tendances positives des dernières années. Il s’explique essentiellement par une baisse du nombre de futurs médecins résident·e·s en médecine de famille comparativement à l’an dernier. Au final, c’est 39 futurs médecins de famille de moins qui débuteront cette année par rapport à l’an dernier, le résultat direct des façons de faire de l’ère Dubé. Souhaitons que le changement de ton amené par la nouvelle ministre de la Santé permette de rapidement renverser cette inquiétante tendance. L’heure est à la collaboration avec la profession médicale, pas à l’ajout de nouvelles contraintes qui visent la relève. » a affirmé le président de la FMRQ, le Dr Louis-Charles Desbiens.
Lors du jumelage de l’an dernier, davantage de diplômé·e·s du doctorat en médecine ont débuté leur résidence au Québec, y compris en médecine de famille, et cela constituait une tendance positive. Malheureusement, ce n’est plus le cas cette année. « Cette baisse des entrées en résidence, essentiellement imputable au nombre moindre d’admissions en médecine de famille, représente la fin d’une tendance positive qui durait depuis les hausses d’admissions en médecine à partir de 2018 et de façon plus soutenue à compter de 2022. Les attaques contre la profession sont clairement venues contrecarrer les effets positifs de ces hausses d’admission. C’est ce que les chiffres du 1er tour du jumelage nous annonçaient et c’est malheureusement ce qui est confirmé maintenant. Le gouvernement de la CAQ – qui avait pourtant posé le bon diagnostic en haussant les admissions en médecine – s’est donc ensuite mis lui-même à contrer les effets positifs de ses propres mesures en dévalorisant la profession médicale. » a déclaré le Dr Desbiens.
« La croisade législative de l’ancien ministre de la Santé contre la profession médicale l’an dernier a clairement découragé la relève quant à la pratique de la médecine de famille au Québec. C’est sans aucun doute la principale explication de cette soudaine et importante baisse d’admissions en résidence. Les fédérations médicales avaient pourtant mis en garde l’ancien ministre et son entourage à ce sujet l’an dernier.», a ajouté Dr Desbiens.
« Le jumelage en médecine a pour but d’attirer des étudiant·e·s en médecine de partout au Canada. Malheureusement, un nombre jamais vu d’étudiant·e·s en médecine ont craint les menaces continuelles de changements aux conditions de pratique et ont décidé soit d’aller faire leur résidence ailleurs ou encore de reporter leur entrée en résidence. C’est pire que les scénarios les plus pessimistes que nous avions anticipés. Et ce n’est pas un hasard puisque l’essentiel du processus de choix de spécialité en résidence a eu lieu en pleine guerre ouverte contre les médecins l’automne dernier.», a précisé le président de la FMRQ.
« Il est à espérer maintenant que la mise en place de Santé Québec pourra mener à une réelle gestion apolitique du réseau de la santé axée sur des perspectives à long terme et sur une mobilisation positive des acteurs du réseau plutôt que sur des politiques coercitives qui sont préjudiciables. Nous avons trop vu depuis l’an dernier d’apprentis sorciers sortis de cabinets ministériels qui ont improvisé des mesures nuisibles dont nous payons le prix aujourd’hui. Notre système de formation médicale est organisé sur une base pancanadienne depuis plus de 20 ans et la réduction des barrières interprovinciales est plus que jamais à l’ordre du jour devant le climat politique instable qui prévaut aux États-Unis. Ce n’est donc vraiment pas le moment d’ajouter des contraintes à la pratique médicale. Il faut plutôt mettre en place des conditions de pratique plus attractives pour compter sur davantage de relève médicale. », a ajouté le Dr Desbiens.
« Le fait que nous ayons malheureusement recruté moins de médecins résident·e·s cette année malgré une hausse du nombre de diplômé·e·s en médecine démontre bien l’effet néfaste des mesures coercitives imposées aux médecins l’an dernier. Souhaitons maintenant que la nouvelle première ministre prenne acte de l’échec cuisant des méthodes de l’ère Dubé et puisse assurer la poursuite du travail constructif démarré en décembre dernier par la nouvelle ministre de la Santé et la présidente du Conseil du trésor, dont nous saluons d’ailleurs le maintien en poste. Malheureusement, ce changement de ton cet hiver sera survenu trop tard pour avoir un effet positif sur l’attractivité en médecine de famille dans le cadre du jumelage en résidence cette année. Il semble que plusieurs étudiant·e·s en médecine ont pour le moment pris la décision de reporter dans le temps leur entrée en résidence. Tirons donc maintenant les bonnes conclusions des erreurs du passé et travaillons urgemment à redonner le goût à la relève médicale de pratiquer au Québec.», conclut le président de la FMRQ.
À propos de la Fédération des médecins résidents du Québec
La Fédération des médecins résident·e·s du Québec (www.fmrq.qc.ca) regroupe plus de 4000 membres œuvrant au sein des quatre réseaux de santé universitaire du Québec. Après l’obtention de leur doctorat en médecine, les médecins résident·e·s soignent des patients à travers tout le Québec, de jour, de soir, de nuit et de fin de semaine, tout en se perfectionnant dans l’une des 60 spécialités reconnues. Dans le cadre de leur résidence, d’une durée de deux à sept ans, les médecins résident·e·s posent des diagnostics, prescrivent des traitements et procèdent à des examens et des interventions chirurgicales.
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Source : Dr Louis-Charles Desbiens, président
Fédération des médecins résident·e·s du Québec
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